Place des Fêtes, les écoles à la diète
ALORS QUE LA FUTURE carte de l’éducation prioritaire est en pleine discussion pour une application à la rentrée 2015, la nouvelle, ébruitée avant les vacances de la Toussaint, a stupéfait tout le quartier. Le collège Guillaume-Budé de la place des Fêtes (XIX e) et les huit écoles maternelles et primaires du secteur qui lui sont rattachées ne feraient pas partie des 29 réseaux d’éducation prioritaire (REP), anciennement ZEP, prévus à Paris.
Depuis, la mobilisation s’organise. Ce matin, les parents du groupe scolaire Romainville (deux maternelles et deux élémentaires) se rassembleront pour faire signer une pétition qui a déjà recueilli 500 signatures. « Cette décision, tombée comme un couperet, est injuste, déplore Stéphane Guérard, délégué des parents. Elle anéantit tous les efforts déployés par les équipes enseignantes pour conserver une mixité sociale dans le quartier. » Les parents contestent notamment les critères statistiques qui auraient présidé à cette éviction, évoquant des « incohérences ». « Les données chiffrées ne correspondent pas à la réalité du quartier », juge Valérie, une maman, qui énumère les conséquences d’une sortie de REP : moins d’ateliers pour les élèves en difficulté, moins de sorties culturelles et de classes découverte, plus d’enfants par classe, des enseignants moins nombreux et moins payés…
La colère des parents est partagée par les élus du XIX e qui s’apprêtaient hier soir à voter un vœu de soutien. « Je veux croire que ce n’est qu’une piste de travail qui va être revue, prévient le maire (PS) du XIX e, François Dagnaud, qui sera reçu lundi par le recteur. On fait sortir le collège Budé de l’éducation prioritaire au moment où une partie du quartier de la place des Fêtes va entrer dans le dispositif politique de la ville (NDLR : qui vise à aider les zones urbaines en difficulté), c’est incompréhensible. »
Sollicité, le rectorat explique pour sa part avoir pris en compte « un indicateur national croisé avec les données propres à l’académie » pour établir la nouvelle carte qui sera revue tous les quatre ans en fonction des évolutions sociologiques des quartiers. Il explique cependant être actuellement en discussion avec les syndicats, les parents et les élus « pour identifier les situations problématiques et envisager les modalités d’un accompagnement spécifique ».
par Julien Duffé
Paru dans Le Parisien du 4 novembre 2014
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